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Kamp
Hotel Modern [+]

Date :
vendredi 13 octobre à 21h00
samedi 14 octobre à 21h45
dimanche 15 octobre à 15h30

Lieu : Halle

Durée : 60 minutes
Langue : aucune, muet
Origine : Pays-bas

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Première en France

Distribution :
De et avec Herman Helle, Pauline Kalker, Arlène Hoornweg.
Concept son : Ruud van der Pluijm
Plasticiens, assistants décor et marionnettes : Stefan Gross, Dirk Vroemen, Cathrin Boer, Heleen Wiemer, Annette Scheer, Marije de Wit, Kirsten Hutschemakers, Wilco Kwerreveld, Florus Groenewegen, Arwen Linnemann, Lutz Driessen, Sasja van der Zanden, Brigid van Noone et Maarten Boegborn.

La compagnie néerlandaise Hotel Modern est accueillie en France avec l’aide de l'Ambassade du royaume
des Pays-Bas.

Hotel Modern filme la vie quotidienne des prisonniers à Auschwitz.
Acteurs : 3000 petites marionnettes sur un plateau reconstituant
le camp.


Hotel Modern is making a film about the everyday lives of prisoners at Auschwitz.
The cast: 3,000 small puppets performing in a replica of the camp on stage.


Sur scène, des centaines de figurines, comme autant de petits sujets d’une immense crèche sans Dieu, de « Playmobils » d’un grand tapis de jeu sans enfant. Après La Grande Guerre, les acteurs de la compagnie néerlandaise affrontent de nouveau le thème de la guerre avec leur invention : filmer à l'aide de petites caméras les actions des micro-marionnettes qu'ils manipulent, en retransmettant en direct leur captation en fond de scène.
Une sorte de boîte à chaussures en guise de chambre à gaz. En victimes de l'holocauste, des marionnettes qui tiennent par poignées dans une main. Dérisoire. Justement…Il semble que rien mieux que ces petits pantins gélatineux, leurs squelettes de fil de fer, leurs visages figés, déplacés par plaques entières sur une maquette, n'eût pu représenter l'irreprésentable : une période de l'histoire qui a tourné la vie humaine en dérision, dans un grand pluriel sans distinction. C'est toutefois sans cynisme ni pathos que les manipulateurs restituent dans ce décor l'horreur quotidienne des prisonniers – travaux forcés, gazage, fugues, exécutions sommaires, crémation – mais avec sobriété, minutie, concentration. Une neutralité déplacée ?
Au contraire, c'est l'indice d'un travail aussi documentaire qu'artistique, qui met le spectateur en position d'enquêteur. Certes, la pièce exploite la dimension morbide de la marionnette – ici les yeux et la bouche sont des cavités sans regard ni sourire possibles – mais il n'y a pas de « trucs ». Tout est à vue et « à ouï » : pas de mots, seuls le bruit du vent et les sons manuels amplifiés par des micros forgent le réalisme. Longtemps après le spectacle, les images, dépassant la traditionnelle scission entre document et fiction, demeurent. Ce n'est pas un spectacle poignant. Seulement indispensable…

À voir aussi le court-métrage de Hotel Modern :
History of the world - part eleven
Hotel Modern

A voir aussi les conférences :
Conférences 1 et 2 / Association Culturae


Photographie : Hermann Helle