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Date
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samedi 21 octobre à 18h
dimanche 22 octobre à 17h
Lieu : Studio
Durée : 60 mn
Langue : français / arabe et anglais surtitrés en français
Origine : Liban
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Première en France
Distribution :
Rabih Mroué, directeur acteur écrivain
Lina Saneh, directrice actrice
Samar Maakaroun, scénographe
Ali Cherri, scénographe
Traduction anglaise : Lina Mounzer
Traduction française :
Catherine Kataroza
Coproduction : Association libanaise pour les arts plastiques, Ashkal Alwan / Théâtre Hebbel, Berlin / Siemens Arts Program / Centre national de la Danse, Paris
avec le soutien du TQW, Vienne.
avec le soutien de l'ONDA
pour les surtitres.
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Contre le silence, Rabih Mroué et Lina Saneh disent, représentent. Ils offrent un spectacle qui bascule de la conférence à la performance, téméraire, engagé et palpitant.
Against what they consider as the culture of silence, Rabih Mroué and Lina Saneh speak out and represent. Reckless, committed and thrilling.
Un homme et une femme installent le décor, déploient un écran et disposent leurs ustensiles sur une table : chronomètre, feuillets, épais catalogue.
Ils s’arrêtent pour tirer à la courte paille. « Ah, désolé, c’est toi. » Elle qui quoi ? On le comprend vite : qui va « représenter ».
Après une longue inspiration, elle ouvre le catalogue au hasard. Page 33, Gina Pane. Et voici qu’elle a 33 secondes pour se glisser dans la peau de Gina Pane, derrière l’écran, et décrire l’une de ses expériences artistiques. Rebelote pour d’autres grands noms du Body Art. Marina Abramovic, John Duncan, Chris Burden, Orlan, Kim Jones… témoignent, par sa bouche, dans le temps qui lui est arbitrairement imparti, d’une expérience forte.
Soudain le livre s’ouvre sur une photo. Elle vient la plaquer derrière l’écran, membrane d’un tableau flou et mouvant. Lui se lève alors pour livrer, au « devant de la scène », un témoignage d’une tout autre nature, celui de Hassan Mamoun, terroriste autodidacte qui a défrayé la chronique au Liban il y a sept ans. Figure emblématique de la violence, de la corruption et du mensonge, il va raconter (et expliquer) ses meurtres pendant chaque pause photo.
Le gonflement progressif de la violence dans le spectacle prend appui sur le contraste de plus en plus éclatant entre des histoires vécues, gravées, et une autofiction. Une dramaturgie subtile renvoie dos à dos deux violences : l’automutilation comme forme-racine, nécessaire et personnelle de parole ; et l’exécution sommaire, gratuite, commentée, comme forme-bourgeon d’une société Libanaise malade d’une guerre souterraine que les communautés religieuses préfèrent ignorer.
L’écran est une peau sur laquelle se tatouent et se confondent parfois les deux silhouettes, mais qui les sépare définitivement.
La peur de la représentation, c’est la peur du vrai.

Photo by Houssam Mchaiemch
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